Il avait compris depuis toujours
Que son semblable était son ami
Sa vie sonnait son compte à rebours
L’attendant patiemment au carrefour
Il avait franchi le bout de son œuvre
Outrepassant sa soif de donner
Avait fourni toute l’eau de son fleuve
Oubliant son Soi assoiffé
EAU Secours
L’harmonie et la paix en carence
Soif de soi, soif d’espérance
EAU Secours
Son corps hurlait son Eau Secours
Son cœur glanait des miettes d’amour
Refusant de faire les choses à demi
Cherchant dehors ce qui criait en lui
Malgré son vorace élan de produire
Son cœur aveugle ne pouvais plus fuir
Son mirage extérieur ne cachait guère
Sa soif de joie et sa colère
EAU Secours
L’harmonie et la paix en carence
Soif de soi, soif d’espérance
EAU Secours
Ce matin là on l’a trouvé
Mort de faim et assoiffé
Au milieu de son Oasis intérieur
Il avait refusé de s’y désaltérer
EAU Secours
L’harmonie et la paix en carence
Soif de soi, soif d’espérance
EAU Secours
Des siècles durant, son âme chinait
Un vêtement pour mieux s’incarner
Cette âme oppressée a enfin optée
Pour ce corps trop petit qui la priait
Aussitôt Lucie départie de ses ailes
Elle se concentre sur ses faiblesses
À en oublier toute la richesse
De cette étoffe tissée du ciel
Étouffée dans ce petit corps d’enfant
Sans respect pour ce beau vêtement
Qu'elle ose dénigrer, violer et bafouer
D’excès et d’amour désavoué
Cinquante ans après…
Avez-vous vu son corps trop grand, son corps de femme
Son âme cherchant son corps, son corps quêtant son âme
Avez-vous entendu sa musique, ses accords
Ses noires, ses croches, ses temps faibles et ses temps trop forts
Cinquante ans après…
Dans ce corps trop grand, ce corps de femme
Son âme qui flambe, son cœur consumé
Ses émotions errantes cherchant leurs gammes
Ses empreintes à jamais imprégnés
Durant une longue nuit en dilemme
Entre le statut quo et la transformation
Entre la haine et la lumière
Les larmes versées s’acharnent
Le corps blessé s’encastre
Le corps est-il prêt à être divinisé
L’âme veut-elle vraiment ré-intégrer
Ce corps possiblement illuminé
A la fin de cette nuit tourmentée
Par un hasard divin, le corps de Lucie s'est élevé
Est apparu son métier à tisser
Et ses fils chinés qu'elle pourra enfin refiler
La porte du ciel
En route vers le ciel, sans boussole
Au bout de mes ailes, je vole, je vole
Jusqu’à ce que j’en perde le nord
T’étais là, t’étais là sans remords
Une bière, un martini l’espace d’une nuit
Je me rétablissais de mon atterrissage forcé
Ça tombait bien t’étais déjà pris
Et je n’aurais jamais pensé te mériter
Trop fière, je poursuivais ma route
M’allongeant à coté d’étrangers
Empruntant la voie de service de ma déroute
Remorquant mon corps blessé
Tu me voulais forte, tu me voulais fière
Indépendante et cavalière
Je ne t’ai pas déçu j’espère
J’ai suivi toutes les routes secondaires
À travers mes plaisirs temporaires
J’ai complètement fait le tour de la terre
Depuis trente ans, en route vers le ciel
J’ai gouté le vinaigre et le miel
À travers mes rires et mes cris
Don’t you know, don’t you damn know
Que la petite fille en moi était terrifiée
D’ouvrir la porte du ciel sans toi
Parce que le ciel n’avait aucun sens sans toi
Je déchirais mon âme au son des Hallelujah
Je brulais mes cahiers à la naissance de Julia
Mon feu intérieur devenu sacrifice
Je faisais mon deuil de séductrice
Les mots pris à jamais dans ma gorge
J’ai perdu ma carte du ciel
J’ai mis mes cris et mes pleurs dans ma job
Mis le couvert sur mes besoins essentiels
Jusqu’à ce qu’un jour je m’égare de ma route
À cause d’un élan de tendresse substantiel
Et que mes mots se déversent comme du vermouth
M’appelant encore une fois vers le ciel
Je me voulais forte, je me voulais fière
Indépendante et cavalière
J’ai revêtu encore une fois ma muselière
J’ai suivi toutes les routes secondaires
À travers mes plaisirs temporaires
J’ai complètement fait le tour de la terre
Encore et toujours, en route vers le ciel
J’ai gouté le vinaigre et le miel
À travers mes rires et mes cris
And I knew, I goddam knew
Que la petite fille en moi était terrifiée
D’ouvrir la porte du ciel sans toi
Parce que le ciel n’avait aucun sens sans toi
Mon agenda s’ennuie
Ça fait déjà trop longtemps, trop longtemps déjà
Que ton nom n’y est pas inscrit
Pourquoi me plaindre, de quel droit
Je travaille, je travaille encore
Je ris, je cris, je mords
Je fais le tour de la terre terrifiée
En avalant miel et vinaigre sophistiqués
A 50 ans toujours forte et fière
Portant solennellement ma vie d’aventurière
Je rêve encore que tu me promettes
Que tu seras là pour m’ouvrir la porte du ciel
Un lendemain de veille, tes yeux dans la brume
Tes os sonnent le réveil, ta tête l’enclume
Vidé comme un canard sans ses plumes
Et comme toujours tu traîne l’amertume
Corps de souffrance, corps de poète
Tu panique, t’as atteint ta frontière
Ton corps s’est perdu dans ta tête
Tu sais bien qu’il y a autre chose derrière tes repères
Combien d’années passées à t’engourdir
À gaver ton propre corps comme une oie
Combien d’années à ne plus sentir
Et à passer à coté de toi
Combien de fois tenté de remplir
Ce vide qui te tirait vers le fond
Exaspéré de fuir et de mentir
D’être la proie et aussi le démon
C’est ton égo seul qui mène ta barque
Qui se nourrit du bourreau et de la victime
Tu te juge, t’enlise et te massacre
À grand coup de sucre ou de cognac
Corps de souffrance, corps de poète
Tu panique, t’as atteint ta frontière
Ton corps s’est perdu dans ta tête
Tu sais bien qu’il y a autre chose derrière tes repères
Prisonnier de ton corps en souffrance
Tu ne l’entendais plus implorer
Ton pardon et ton indulgence
Tu ne savais plus comment l’aimer
Et lui patient encore et toujours
Malgré le manque même sans amour
Ne sachant plus comment te convaincre
De laisser toute la place à ton Être
Jusqu’à ce que ton reflet dans la vitrine
Attire ton attention sur cet insigne
‘Ton corps est le miroir de tes pensées
Et aussi le temple de ton Être’
Corps de souffrance, corps de poète
Ton corps s’est perdu dans ta tête
T’as déjà franchi la frontière
T’es prêt pour de nouveaux repères